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Vous êtes décideur économique, vous souhaitez
comprendre les enjeux avant d'agir, vous avez conservé
votre esprit critique, vous acceptez de confronter vos idées
à d'autres, différentes, impertinentes...
vous êtes au bon endroit.

stratégie et information

 

Ceci est le premier article de la série. Beaucoup a déjà été dit et écrit sur l'information stratégique. Sous le vocable d'Intelligence Économique cette ressource est l'objet de nombreuses publications, alors pourquoi en faire une de plus ? La réponse tient dans l'approche même de DUBITARE, différente, empreinte de libre pensée, indépendante, pragmatique, construite sur l'expérience, fondée sur des valeurs où l'humain a toute sa place.

 

Ce que j'ai lu sur le sujet est imprégné, formaté, à partir de points de vue qui ont forcément un impact sur le résultat. Comme en physique quantique, l'observateur n'est pas neutre dans ce qu'il obtient par sa mesure des choses. Chaque point de vue est vrai, complémentaire et permet d'éclairer une réalité complexe. Un rapide tour d'horizon des différents « types » d’émetteurs sur le sujet permet de planter le décors et les limites de chaque approche et de donner un aperçu de la richesse des approches et du sujet :

 

  • Le point de vue de l'état qui a en charge de mettre en place les conditions du développement des activités économiques, de défendre les intérêts des entreprises du pays, de promouvoir des échanges internationaux au profits de nos entreprises, … et qui aborde le sujet à partir de sa culture et de ses expériences fondées sur les enjeux géopolitiques, les équilibres internationaux, … le tout dans une culture Jacobine, centralisatrice, … le tout au service des plus gros acteurs pour des questions de moyens disponibles, de facilité à communiquer, de réseaux en place, ...

  • Le point de vue des universitaires qui ont en charge de transmettre des méthodes, techniques et outils après les avoir formalisés, théorisés, étudiés, … pour les diffuser et en mesurer l'apprentissage par un examen et/ou un diplôme … point de vue amplifié, parfois enrichis, et colporté par les acteurs ayant suivi les cursus apparus depuis la fin des années 90.

  • Le point de vue des « services » qui, pour cause de fin de guerre froide et de développement de guerre économique, se sont vus assigner la mission de défendre les intérêts économiques de la nation et ont réorienté une partie de leurs moyens et ressources, compétences et techniques pour répondre à cette nouvelle mission, abordant le sujet comme une guerre économique.

  • Le point de vue des grandes entreprise, internationales, qui ont vu là une opportunité de mobilisation de ressources communes (étatique) à leur profit sur le volet « renseignement » et ont développé de réels savoirs sur le volet « gestion active » en réaffectant les ressources ainsi dégagées par l'action de l'état … pour influencer l'état ...

  • Le point de vue des dirigeants de PME qui ont « subit » la sensibilisation nationale et en ont perçu tout le risque de mettre en place de véritables usines à gaz …

 

Nous pourrions multiplier les angles d'attaque … Chaque point de vue est vrai pour celui qui l'émet. La réalité est sans doute quelque part à la résultante de ces approches … Mais là n'est pas notre propos. Voyons plutôt comment un dirigeant de PME peut s'approprier la démarche sans tomber dans un excès qui rendrait l'ensemble incontrôlable.

 

 

 

Afin de simplifier le sujet (sans rendre le discours simpliste) nous allons aborder chaque volet du système d'information stratégique successivement :

 

 

VOLET PROTECTION ET SÉCURITÉ

Les marchands de peurs ont déjà fortement mis en évidence les risques. Nous soulignerons juste que cet aspect n'existe que parce que nous voulons préserver nos sources de production de valeur ajoutée. Que ce soit par un brevet, une marque ou un modèle ...ou simplement l'usage du secret ... nous souhaitons « garder pour soi » la manière dont nous avons compris comment l'évolution de notre environnement inter-agit avec nos activités

 

Cette compréhension constitue un réel avantage concurrentiel. Comme pour le joueur de Go, d'échecs ou de dames, nous voulons conserver ce coup d'avance que nous avons sur l'autre. Dans la majorité des PME ce volet est relativement simple à traiter ; quelques règles simples et un peu de bon sens devraient suffire :

 

  • faire un inventaire de ce qui est important … sa nature, son format et pour combien de temps,

  • trouver et mettre en place des solutions simples pour restreindre l'accès et assurer la sauvegarde de ces données,

  • ne pas écouter les marchands de peurs … Il seraient capable de vous rendre paranoïaque …

 

ne perdez pas de vue que le coût de la protection doit être très largement inférieur au bénéfice que vous retirez à protéger telle ou telle information !

 

 

VOLET RENSEIGNEMENT

Voilà le cœur de la mécanique, là où tout progrès dans le processus qui permet de comprendre l'environnement confère un réel avantage concurrentiel. Dans le cas du dirigeant de PME la solution est forcément multiforme. Il se trouve dans l'obligation de mettre en place une batterie d'outils complémentaires qui vont lui permettre de construire progressivement sa vision de son environnement et de surveiller les facteurs et les acteurs qui pourraient contrecarrer ses plans. En effet, nous l'avons déjà souligné, le stratège doit travailler sur plusieurs échelles de temps en même temps. Il doit anticiper à la fois les conséquences des actions qu'il met en œuvre et les réactions de tous ceux que ses plans dérangent.

 

Ce simple constat implique de combiner des informations éclairant le long terme (les grand facteurs qui changent la société et modifient les règles), celles qui permettent d'anticiper le moyen terme (le jeu des acteurs qui modifient les rapports de forces) et celle qui vous donne l'avantage pour le prochain coup à jouer (L'information qui vous permet de décrocher un marché).

 

Quand on dirige une PME il faut trouver les solutions adaptées qui, combinées ensemble, vont permettre d'assurer l'ensemble du spectre. Voici quelques pistes :

 

  • Long terme : pour cet aspect, il faut jouer sur sa culture générale et l'enrichir en la confrontant à des informations diversifiées, exercer son esprit critique, mettre périodiquement ses certitudes en doute, ne pas hésiter à « refaire le monde » pour le reconstruire … bref, projeter la compréhension que l'on a d'aujourd'hui vers demain en identifiant les effets des inter-actions. C'est en raisonnant sur les conséquences des faits que nous comprenons aujourd'hui que nous pouvons anticiper les grandes mutations que s'offrent à nous.

 

Notre prescription pour résoudre cette partie : bien évidemment un abonnement à un flux d'informations conçu pour ça, mais également une utilisation intelligente de l'audiovisuel (il existe de très bons documentaires et autres émissions de « décryptage » … (cherchez parmi celles qui ont peu d'audience:):), et puis la reprise d'une vieille pratique un peu désuète mais fort adaptée pour améliorer sa culture générale : la lecture, la visite de musée, la participation à des conférences, le cinéma d'auteur, ... ! … en un mot, aérez vos neurones, excitez les, sollicitez les, … soyez curieux, demandez-vous pourquoi ? Et encore pourquoi ? Comme quand, petit, vous harceliez vos parents … Un seul objectif : comprendre où peu bien aller le monde ? Dans le grand jeu de l'Histoire, quelle sera la prochaine étape ? Et dans tous ces possibles, lequel vous irait bien ?

 

  • Moyen terme : Il vous faut là être à l'écoute de ceux qui sont en prise avec le même environnement que vous ou qui sont dans une sphère juste adjacente, ceux que l'on nomme habituellement vos pairs. S'impliquer sera là le maître mot. Que ce soit dans une organisation ou une association professionnelle (qui vous apportera des réponses à vos questions commençant généralement par « comment ? »), dans un club service (Rotary, Lions, …), en prenant un mandat électif pour représenter votre profession, votre secteur, votre communauté, votre métier, … votre investissement sera largement compensé par les informations que vous glanerez, par les échanges que vous aurez, par le relationnel que vous développerez, ...

 

  • Court terme : Dans cette catégorie nous trouverons tous les indicateurs qui constituent d'ailleurs la majorité de l'information qui nous est adressée. Qu'elle soit note de conjoncture, tableau de bord, état des carnets de commande, tendances économiques, … elle provient des organisations professionnelles, des consulaires, des institutions territoriales, des ministères de tutelle, de votre propre système d'informations … Nous trouverons également les actions des acteurs avec lesquels vous êtes en contact (clients, fournisseurs, concurrents, banquiers, …) qui impactent directement votre activité quotidienne … et de préférence la connaissance de ce qu'ils feront demain plutôt que le constat de ce qu'ils ont fait hier … trop tard pour garder la main !

 

Une question reviens souvent : comment reconnaître si une information concerne le long, le moyen ou le court terme ? J'ai pour habitude de dire qu'une information portant sur le long terme vous oblige à réfléchir à comment faire évoluer votre structure pour l'adapter à de nouvelles règles ; celle portant sur le moyen terme vous contraint à faire évoluer votre organisation pour améliorer votre performance ; l'information court terme quant à elle vous accule à réagir pour tenter de maintenir le cap … et dans certains cas de survivre.

 

Pour vous faire gagner du temps, voici une petite liste (non exhaustive) des choses qui ne servent à rien ou presque pour alimenter votre réflexion, la plupart parce qu'elle mesurent hier ou ne recouvrent aucune réalité : la grande majorité des sondages, idem pour les informations nationale ou les cours de la bourse, la météo (sauf si vous vendez des parapluies), les faits divers, les discours politiques, le dernier « like » sur face de bouc, … mais tout ça est fort utile pour alimenter les discussions de café du commerce.

 

 

VOLET GESTION ACTIVE DU RENSEIGNEMENT

Nous sommes en général culturellement assez doués pour mettre en œuvre ce volet un peu comme le fameux Monsieur Jourdain rendu célèbre par JB Poquelin (1622-1673). Nous retrouvons dans ce volet toutes les actions que nous menons pour influencer notre environnement en notre faveur.

 

Depuis nos relations avec les clients, les prescripteurs, les fournisseurs, les financiers, … envers qui nous déployons des trésors de séduction pour qu'il travaillent avec nous plutôt qu'avec d'autres, en passant par les échanges que nous avons avec nos pairs, nos concurrents, à qui nous tentons de « tirer les vers du nez » mais en livrant le moins possible sur nous, ce que nous avons compris ou allons faire … jusqu'à ces opérations de lobbys utilisées par certains pour faire évoluer la loi ou la norme, … la palette est large, souvent peu formalisée, peu promu également (personne ne se vante d'influencer son entourage) mais bien présente au quotidien dans les activités de chacun … séduction quand tu nous tiens :)

 

On le voit à travers ce tour d'horizon rapide des liens entre stratégie et information, il s'agit bien d'une ressource incontournable pour tout dirigeant désireux de garder la main sur la construction de l'avenir de son entreprise.

 

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